Non, les données disponibles ne montrent pas que la créatine provoque une perte de cheveux. L’inquiétude vient surtout d’une petite étude de 2009 ayant observé une hausse de DHT sans mesurer la chute capillaire. En 2025, un essai randomisé contrôlé de 12 semaines a directement évalué les hormones et plusieurs paramètres capillaires : 5 g de créatine par jour n’ont modifié ni la DHT, ni la densité, ni l’épaisseur des cheveux par rapport au placebo. Cette conclusion reste à interpréter avec prudence, car l’étude était courte et menée uniquement chez de jeunes hommes entraînés.
1. Qu’est-ce que la créatine et comment agit-elle ?
La créatine est une substance naturellement présente dans l’organisme et apportée aussi par certains aliments. Stockée en grande partie dans les muscles sous forme de phosphocréatine, elle aide à régénérer rapidement l’ATP, source d’énergie utilisée lors d’efforts courts et intenses. La créatine monohydrate est la forme la plus étudiée dans les compléments alimentaires.
Ce que la créatine fait dans le muscle
Une supplémentation augmente progressivement les réserves musculaires de créatine. Elle peut améliorer la force, la puissance et les adaptations à l’entraînement de résistance. Une phase de charge n’est pas indispensable : une prise quotidienne plus faible permet aussi de saturer les réserves, mais plus lentement.
2. Pourquoi associe-t-on parfois créatine et perte de cheveux ?
La rumeur vient principalement d’une étude publiée en 2009 chez 20 joueurs de rugby. Après une phase de charge puis une dose d’entretien, les chercheurs ont observé une augmentation de la DHT circulante. Comme la DHT intervient dans l’alopécie androgénétique masculine, cette observation a été interprétée comme un possible risque capillaire.
Cette interprétation allait toutefois plus loin que les données : l’étude n’a mesuré ni la densité, ni l’épaisseur, ni la chute des cheveux. Elle comportait bien un placebo et un plan croisé, contrairement à ce qu’indiquait l’ancienne version de cet article, mais son petit effectif et sa durée de trois semaines limitaient fortement les conclusions.
De l’hypothèse à la preuve clinique
Une hausse de DHT dans le sang ne prouve pas à elle seule une miniaturisation des follicules. Pour établir un lien, il faut mesurer directement la santé capillaire, comparer la créatine à un placebo et suivre les participants suffisamment longtemps.
3. Que montrait réellement l’étude de 2009 ?
L’essai de 2009 était randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo et réalisé selon un plan croisé. Les participants recevaient 25 g de créatine par jour pendant sept jours, puis 5 g par jour pendant quatorze jours. La DHT a augmenté par rapport au niveau initial, mais est restée dans les valeurs cliniques normales.
Les limites qui empêchent de conclure à une chute de cheveux
Seize participants ont terminé l’étude, le suivi n’a duré que trois semaines et aucun paramètre capillaire n’a été évalué. Les valeurs initiales de DHT étaient aussi plus basses pendant la phase créatine. Enfin, l’augmentation observée n’a pas été reproduite de manière cohérente dans les autres travaux sur la créatine et les hormones.
4. Ce que montre l’essai randomisé publié en 2025
Un essai randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo a recruté 45 hommes entraînés âgés de 18 à 40 ans. Trente-huit ont terminé les douze semaines. Le groupe créatine prenait 5 g de créatine monohydrate par jour ; le groupe témoin recevait 5 g de maltodextrine.
À l’issue du suivi, aucune différence significative n’a été observée entre créatine et placebo pour la DHT, le rapport DHT-testostérone, la densité des cheveux, le nombre d’unités folliculaires ou l’épaisseur cumulée. C’est la première étude ayant mesuré directement la santé des follicules après une supplémentation en créatine.
5. Quel rôle joue la DHT dans l’alopécie androgénétique ?
La DHT est produite à partir de la testostérone par l’enzyme 5-alpha-réductase. Chez les personnes génétiquement prédisposées, elle se lie aux récepteurs androgéniques de certains follicules et contribue à leur miniaturisation progressive. Les cheveux deviennent plus fins et leur phase de croissance se raccourcit.
DHT sanguine et sensibilité des follicules
Pourquoi le terrain génétique reste déterminant
6. Créatine et cheveux : résumé des preuves
Les preuves disponibles sont rassurantes, mais elles ne signifient pas que toute chute survenant pendant une supplémentation doit être ignorée. Elles montrent surtout qu’un lien causal direct n’est pas établi et qu’un essai contrôlé récent n’a détecté aucun effet défavorable sur les cheveux en douze semaines.
7. Que faire si vos cheveux tombent pendant une supplémentation ?
Commencez par observer le type de chute : diffuse ou localisée, progressive ou brutale, accompagnée ou non de démangeaisons, de squames ou de plaques. Notez aussi les événements survenus deux à quatre mois auparavant : maladie, fièvre, stress majeur, perte de poids, changement alimentaire ou nouveau médicament.
N’arrêtez pas automatiquement tous vos produits sur la seule base d’une coïncidence temporelle. Si la chute est importante, persiste plusieurs semaines, forme des plaques ou s’accompagne de signes du cuir chevelu, demandez un avis médical. Un professionnel pourra distinguer une alopécie androgénétique d’un effluvium télogène, d’une pelade, d’une carence ou d’une inflammation.
8. Qui doit demander conseil avant de prendre de la créatine ?
Demandez conseil avant une supplémentation si vous êtes enceinte ou allaitez, si vous êtes mineur, si vous présentez une maladie rénale connue, une situation médicale complexe ou si vous prenez plusieurs médicaments. En cas de chute de cheveux déjà active, un bilan initial avec photographies peut éviter d’attribuer à tort une évolution préexistante à la créatine.
9. Comment suivre objectivement une chute de cheveux ?
Photographier dans les mêmes conditions
Prenez une photo de face, des tempes, du dessus et du vertex, avec la même lumière, la même distance, des cheveux secs et une coiffure comparable. Une série mensuelle est plus fiable que des selfies quotidiens.
Noter les dates et les changements
Consignez la date de début de la créatine, la dose, les autres compléments, les médicaments, les maladies récentes, les variations de poids et les périodes de stress. Le cycle pilaire crée souvent un décalage de plusieurs semaines entre un événement et la chute visible.
Observer le cuir chevelu
Des démangeaisons, des squames, une douleur, des rougeurs ou des zones parfaitement lisses orientent vers d’autres causes qu’une simple alopécie androgénétique. Photographiez ces signes et consultez s’ils persistent.
Éviter les tests quotidiens trompeurs
Le nombre de cheveux dans la douche ou sur l’oreiller varie naturellement. Les comptages improvisés et les photos prises sous des éclairages différents augmentent l’anxiété sans mesurer correctement l’évolution.
Faire examiner la chute si elle persiste
Un dermatologue ou un professionnel formé à la trichoscopie peut évaluer la miniaturisation, la densité et l’état du cuir chevelu. Selon le contexte, un bilan biologique peut rechercher notamment une carence martiale ou un trouble thyroïdien.
10. Faut-il arrêter la créatine en cas de chute de cheveux ?
Les études actuelles ne justifient pas un arrêt systématique de la créatine chez une personne qui observe une chute. Si la situation est préoccupante, une pause discutée avec un professionnel peut néanmoins aider à clarifier la chronologie, à condition de ne pas retarder le diagnostic d’une autre cause.
Ne modifiez pas simultanément plusieurs compléments, médicaments et habitudes : il deviendrait impossible d’identifier le facteur pertinent. Conservez vos photographies, notez les dates et rappelez-vous qu’une amélioration ou une aggravation du cycle pilaire demande souvent plusieurs semaines à devenir visible.
11. Peut-on prendre de la créatine avant ou après une greffe de cheveux ?
La créatine n’est pas connue pour compromettre directement la prise des greffons. Informez toutefois l’équipe médicale de tous vos compléments avant l’intervention : elle peut demander une interruption temporaire selon votre dossier, les produits associés et son protocole périopératoire.
Après la greffe, reprenez uniquement les compléments autorisés par la clinique. Une chute des cheveux transplantés dans les premières semaines est souvent liée au cycle postopératoire et ne doit pas être attribuée d’emblée à la créatine.
12. Les points clés à retenir
La créatine ne provoque pas de chute de cheveux démontrée. L’alerte historique reposait sur une hausse de DHT observée en 2009 sans mesure capillaire. En 2025, un essai contrôlé n’a constaté aucune différence sur la DHT ou les paramètres des cheveux après douze semaines à 5 g par jour. Une chute réelle mérite malgré tout un diagnostic. Pour un bilan capillaire, contactez NOVA Capillaire : 01 41 50 00 07 — contact@novacapillaire.fr.
Questions fréquentes sur la créatine et la perte de cheveux
Créatine et perte de cheveux : en résumé
Les preuves disponibles sont rassurantes : la créatine n’a pas été associée à une augmentation de la DHT ni à une altération des paramètres capillaires dans l’essai contrôlé de 2025. Une seule petite étude de 2009 avait observé une hausse de DHT sans mesurer les cheveux. Les données à long terme et chez les femmes restent limitées, mais rien ne démontre aujourd’hui que la créatine cause la calvitie.
Sources principales : van der Merwe et coll., Clinical Journal of Sport Medicine, 2009, PMID 19741313 ; Antonio et coll., Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2021, DOI 10.1186/s12970-021-00412-w ; Feroz et coll., essai randomisé de 12 semaines, 2025, DOI 10.1080/15502783.2025.2495229.